13 juin 2010

Henri Cuq nous a quittés

16 mai 2010

Sémantique

Je rentrais un soir de Clermont par l'Ambraer qui sert de navette... Je n'ai jamais été fan de ce genre de voyages qui commencent par un retard au décollage pour cause de plafond trop bas... Bref la carlingue se profile enfin sur la piste et "Décollage immédiat" ... purée de pois ... visibilité - de mon point de vue - nulle et la voix flegmatique de mon compagnon de voyage, la tête vissée au hublot : "il vaut mieux avoir confiance aux instruments"

Je ne sais pas pourquoi, comme par réflexe, cette petite phrase gentiment provocatrice m'est revenue, il y a quelques jours quand, dans ma voiture, j'ai entendu le triste palmarès de la baisse de l'Euro sur fond de déconfiture boursière ! "Il vaut mieux avoir confiance aux instruments"...

Oui, mais lesquels ? Qui pilote ? et les outils sont-ils suffisamment affûtés pour cette purée de pois des déficits publics ? car, comme dans le brouillard, quand on scrute droit devant pour déceler le pylône, la colline, la cime des arbres, c'est toujours plus de brouillard que l'on perçoit, sans limite, sans contours, sans point d'appui pour repérer où l'on se situe ...

Ainsi la question de la confiance est posée.
Dans cette crise systémique des déficits publics peut-on vraiment avoir confiance en ceux qui ont refusé de prendre les mesures préventives depuis déjà plus d'un an ?

Peut-on imaginer créer les conditions nécessaires aux mesures de restrictions qui se préparent, en s'obstinant dans un mode de communication où l'omission et la doctrine tiennent lieu de promesses ?

La crise à venir débouchera immanquablement sur une crise de la croissance.

Peut-on piloter efficacement le bateau France en laissant ainsi perdurer une crise institutionnelle qui a affaibli la démocratie représentative et réduit l'exécutif à une fonction présidentielle désormais frileuse à la veille de 2012.

Alors quand il va falloir choisir les mesures de rigueur dont on tait le nom, quand il va falloir faire le tri des dépenses d'intervention pour tenir la dépense et ne pas obérer le soutien au pouvoir d'achat des plus modestes, c'est avec une infinie prudence et un véritable sens du social et du dialogue qu'il faudra décider.


22 mars 2010

Barack

Barack Obama vient de faire adopter par le Congrès sa réforme de la santé, clé de voûte de son programme. Lisibilité, concentration des énergies. Volonté farouche.

Les images sont frappantes : des salles modestes, manches de chemises, pas de tribune... sérieux et sobriété : 32 millions d'Américains vont accéder à la protection sociale dans ce pays si résistant à l'intervention de l'Etat.

Effet contraste : j'ai le souvenir de Nicolas Sarkozy moquant, lors de l'une de nos réunions, l'errance tactique de ce président si différent, qui courait le risque de focaliser sa politique intérieure sur un axe prioritaire unique.

J'ai le souvenir de Nicolas Sarkozy vantant la multitude des chantiers déclenchés simultanément afin d'azimuter l'opposition et de sidérer sa majorité.

La réponse des Français, c'était hier soir.